El maestro d’Aziz Chouaki


Isolé du monde, El Maestro dirige, devant des musiciens virtuels, la répétition d'une symphonie aussi échevelée que loufoque. A travers un monologue insolite peuplé de gens, d'odeurs, de couleurs, de sons, il nous fait revivre la musique d’Alger, la ville blanche aux multiples facettes. Ce Maestro répète malgré les attentats. Une répétition illusoire et cependant vitale. Une volonté de redonner à la vie sa plus belle partition.
Le rire au lieu de l’amertume, la légèreté au milieu des larmes.

Aziz Chouaki aime raconter les histoires. Derrière le dramaturge se cache un acteur, un conteur, un magicien de la langue française, dont les mots ouvrent des mondes qui se choquent et qui font étincelles. Ecrivain de l'oralité, du cliquetis de la langue et de la sensualité, le théâtre d'Aziz Chouaki est vivant, joyeux, porteur d'une belle énergie, peut-être celle du désespoir.

"El Maestro, c’est le conquistador de l’inutile, seul dans sa bulle, s’imaginant être aux prises avec un orchestre symphonique qui n’existe pas, il est toujours debout sur sa barque. Enfermé dans sa tête, dans cette Algérie en mille morceaux. Dépositaire de tous les rêves brisés. C’est un gros éclat de rire sur le drame. Répondre à la terreur par le rire." Aziz Chouaki

"J’ai visité Alger à travers les mots d’Aziz Chouaki. Une visite insolite faite de moments de vie, de discussions improbables au détour d’une rue, d’odeurs diverses et de sons. Et dans cette profusion de mots, on entend la symphonie d’Alger : le banjo fait chanter les ruelles de la Casbah et les marchands de tissus ; la batterie mêle les parfums du marché près de la pêcherie ; la darbouka évoque les makrouts aux dattes de la grand-mère et le cuir tanné des vieux cordonniers ; la basse suit le rythme d’un homme qui descend les escaliers du palais du gouverneur avec une pastèque sous chaque bras ; le violon fusionne le ventilateur et la crème à raser d’un salon de coiffure algérois ; le clavier accompagne les chalutiers et les mouettes hors de la baie d’Alger ; la guitare évoque la douce odeur du café au lait et du citronnier au petit matin… Et soudain, le silence. Un silence troublant... celui des attentats." Pierre Marty

Avec Hocine Boudjema
Mise en scène Pierre Marty
Création sonore : Michaël Le Sauce
Compagnie Cave Poésie

 

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