Édito

Hommes
l’Histoire ne sera peut-être plus
retenez les noms des génocides
pour qu’en votre temps vous n’ayez pas les vôtres
hommes
il faut tuer la mort qui sur nous s’abat
et ceci appelle l’insurrection de la poésie

 

C’est Gaston Miron qui a écrit ça… Cette année il aurait eu 90 ans…
Il a écrit ça dans L’Homme rapaillé.
« Rapailler » en français du Québec, ça veut dire « rassembler », « regrouper » ou mieux encore,
« réunir des éléments épars »… C’est le rôle de la poésie, elle rapaille l’homme, l’humanité… et c’est peut-être ça aussi ce qui est en jeu dans une programmation : rapailler des spectacles, des artistes, pour donner à entendre en un même lieu leurs regards multiples sur le monde… rapailler aussi les passant·es, les ami·es, les allergiques à la poésie, les visiteurs du soir, les amatrices éclairées, les philosophes en herbe, les voisin·es, ceux qui ont peur de venir au théâtre ou qui pensent que ce n’est pas pour eux, les enthousiastes, les révolté·es, celles et ceux qui le deviendront, les adultes consentant·es et les enfants sauvages ou les vieux avec ou sans sexualité apparente (merci Foucade !) pour partager toutes les littératures et réaliser ensemble l’insurrection de la poésie.