Édito

La Cave Poésie c’est ça
Et ça fait 50 ans que ça dure…

 

C’est en 1968 que je me suis installé ici. Nous avons créé ce lieu juste avant les événements avec un montage poétique, Tant pis pour moi. Cela faisait référence à un poème d’Aragon : « Tant pis pour moi si la révolution écrit son trait de diamant sur la vitre des désespoirs. » C’était une cave, très bien proportionnée, avec des ouvertures. Une cave ordinaire qu’il a fallu déblayer : il y avait de la rouille, des tessons de bouteilles, des livres moisis collectés par des associations de parents d’élèves pour je ne sais plus quelle enfance miséreuse jamais expédiés. Ils avaient pourri et c’était une floraison de salpêtre et de champignons. Ce local appartenait au Cercle toulousain, un cercle laïque d’éducation populaire. Puis ce cercle a disparu et la FOL (Fédération des oeuvres laïques), dont j’étais un des responsables, en a hérité. Dès que j’ai eu vent de ce lieu, je suis venu le visiter. Il était masqué par une trappe. Quand on a découvert la cave avec Danielle Catala, on s’est mis d’arrache-pied au travail. Cela correspondait à ma vocation d’alors, et de toujours, de militant de l’éducation populaire, avec les variations que cela comportait. *

 

Après le Théâtre du Capitole et le Sorano, la Cave Poésie est aujourd’hui le plus vieux théâtre de Toulouse, premier théâtre de poche… Une vieille dame respectacle ? Un peu rock n’ roll aussi on l’espère, en tous les cas qui ne garde pas son dentier dans sa poche… « Lieu de tous les possibles » disait René, Lieu des littératures en scène a-t-on rajouté. Lieu de rencontres, de révélations, la Cave se prête à tous les genres… lectures, musique, théâtre, danse, performances.

Un salut fraternel à toutes celles et ceux qui ont fait l’histoire de ce lieu.

Et bienvenue à qui écrira celle des 50 prochaines année

 

 

* interview de René Gouzenne dans L’Humanité, 2 décembre 2002.