du 28.10 au 01.11

De Jojo à Lola

Compagnie La Volière

Chants, musique et dessins cartoons composent ce spectacle pour un voyage dans l’univers d’Olivier Douzou et des éditions du Rouergue. à retrouver durant les vacances scolaires de la Toussaint.

du 29.10 au 29.10

Güzu | Concert

Les Commencements

Du jazz en passant par la musique de chambre déstructuré, Güzu nous entraine dans un voyage mêlé de boucle, de chants, de batterie, de guitare et de piano. À coup sûr, ces quatre musiciens vont faire résonner les murs de la Cave Poésie pour un concert unique…

 

du 06.11 au 17.11

Des théâtres près de chez vous

Itinéraires de créations

Pour la quatrième année consécutive, 7 salles de spectacles à Toulouse s’associent pour vous proposer des spectacles, des rencontres, des débats durant 10 jours…

du 23.12 au 27.12

Festof

Jean-Jacques Vanier

Dans Festof vous retrouverez les moments les plus drôles des spectacles de Jean-Jacques Vanier : un savant mélange de Festin et de Best Of pour cette période de Noël…

La Cave Poésie | Toulouse
La Cave Poésie | Toulouse

les lundis de la poésie

Lundi 27 octobre à 20h30

Tu la crois longue l’éternité

Soirée animée par Maxime Juniet

entrée libre

les commencements

Mercredi 29 octobre à 21h30

Music Halle

présente Güzu

entrée libre

les rugissants

Jeudi 23 octobre à 19h30

Didier Carette

Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline

entrée 5€

les nuits de la pleine lune

Rendez-vous scène ouverte

Les soirs de Pleine Lune

Prochain rendez-vous : Samedi 06 décembre à 21h30

entrée 3€

Nouvelle saison à la Cave Poésie

par Bruno Ruiz

Cet été, à Kiev en Ukraine, à Jérusalem en Israël, à Gaza en Palestine, à Damas en Syrie, à Monrovia au Libéria, à Ferguson dans la banlieue de Saint-Louis au USA, des femmes, des hommes et des enfants ont souffert et pleuré dans le monde. En France, certains d’entre nous sont tombés malades, se sont retrouvés seuls, au chômage, ont voulu se donner la mort, ont enterré des personnes qu’ils aimaient…

Pour ma part, j’ai perdu l’une de celles qui me sont les plus chères au monde. C’était un des membres du Conseil d’Administration de la Cave Poésie. Il s’appelait André Tailhades. Il a éclairé, entre autres mes spectacles, mais aussi toute ma vie professionnelle pendant plus de trente ans. Il a participé à sa façon à l’histoire technique du spectacle vivant dans notre région et même souvent au-delà. Tous ceux qui l’ont connu vous le diront : c’était un être merveilleux. Un technicien qui aimait la lumière. C’était un grand artiste de l’ombre.

Eh bien malgré toutes ces douleurs et ces litres de larmes estivales, cette misère et cette désespérance si loin d’ici, si près de nous, des femmes, des hommes et des enfants ont trouvé le temps et l’énergie d’être heureux, de rire et de s’aimer. Et cela, sans oublier pourtant de se battre contre l’inéluctable, contre l’intolérable. Dans les lourdeurs de l’été, ils ont su rester légers et attentifs à la vie.

Si je dis cela en préambule de cette conférence de presse, à la Cave poésie, c’est pour ne jamais perdre de vue ce que nous a confié, en ce lieu, René Gouzenne depuis maintenant sept saisons : un appareil photo avec un objectif grande focale. Un objectif qui va, de la macro au grand angle et inversement, une vision qui voyage entre l’universel et les nuances les plus intimes de nos êtres.

Non, la Cave Poésie n’est pas qu’une entreprise culturelle qui ne remplirait sa mission auprès des contribuables et de leurs représentants que parce qu’elle équilibre parfaitement son budget ! C’est une nécessité économique, pas un objectif en soi. La Cave Poésie s’est donné une mission bien plus périlleuse : celle de donner et de protéger la parole des audacieux et cela, sous la bienveillance et l’encouragement des tutelles. Celle aussi de s’alimenter à l’énergie d’artistes et de se brancher sur leur imaginaire, de se nourrir de contre-courants, de biefs et de fleuves, d’essais et d’erreurs, de provoquer les impossibles. La Cave Poésie se doit de risquer son déficit pour investir l’avenir.

En contre partie, l’artiste devrait, de son côté, réfléchir au sens que dessine l’ensemble de son parcours, se situer dans l’histoire de son art. Il devrait interroger son œuvre pour savoir si elle participe, d’une façon ou d’une autre,  au bonheur de l’humanité, si elle nous rend plus beaux, nous fait voir le monde de façon plus dense, pose des questions profondes pour des réponses plus claires, plus fulgurantes, plus légères.

Oscar Wilde a écrit dans l’éventail de Lady Windermere : « Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles. »

Aujourd’hui, force est de constater qu’il est plus facile à l’artiste de se complaire dans l’expression de la noirceur du monde, de s’abandonner à la fascination du chaos, ou, comme disait Paul Valéry, d’écrire des textes compliqués  pour qu’ils paraissent plus profonds. Oui, aujourd’hui, il semble plus facile de montrer la lumière là où elle se trouve déjà, plutôt que de tracer de nouveaux chemins quelquefois obscurs et solitaires, sans pour cela passer pour un gourou, un donneur de leçons, un poète hermétique, un ravi de la crèche, ou un intellectuel abscons et inutile. Oui, aujourd’hui encore, il est plus facile de céder aux sirènes de l’Apocalypse, que d’inventer des clefs pour sortir de ce qui nous désespère. Oui, aujourd’hui, il est plus facile de se draper dans un nihilisme esthétisant, plutôt que de rêver encore et toujours d’un autre monde quand tout semble nous dire que plus rien n’est possible.

Plus que jamais il nous reste à inventer de nouvelles joies, nous donner la force de rester en éveil, nous donner l’envie d’aller voir ailleurs, vaincre nos vieilles peurs face à des projets difficiles, improbables, oser de nouveaux itinéraires. Être dérangé.

Plus que jamais, il est de toute urgence de célébrer et d’encourager les jeunes ferveurs, qu’elles soient dans l’écriture des mots ou des gestes, dans la musique ou le chant, dans le théâtre ou  l’image.

Aujourd’hui comme hier, l’homme a besoin de poésie, et plus que jamais la poésie a besoin de tolérance, d’incandescence. Quand je parle de poésie je parle d’un travail lent et profond sur la langue et cela dans toutes ses représentations.

Aujourd’hui, la Cave Poésie fait peau neuve dans son image mais les battements de son cœur restent fidèles à notre désir de jeunesse et de mémoire. Car mettre le pied à l’étrier d’une jeune génération afin de prolonger ce qui nous a été donné, telle doit être notre tâche – et non la moindre ! – dans les mois qui viennent.

Mais de même qu’on ne s’improvise pas poète en quelques heures, qu’on ne s’invente pas dramaturge, comédien, chanteur, musicien ou metteur en scène en quelques jours, on ne devient pas non plus directeur artistique ou programmateur de spectacle en quelques semaines. C’est du travail. De l’expérience. Beaucoup de travail.

Que soient remerciés ici tous ceux qui contribuent, grâce à leur esprit d’initiative, leur talent et leur énergie, à ce nouvel élan pour de nouvelles retrouvailles.

Bruno Ruiz, le 16 Septembre 2014