Édito

De la joie !
Voilà sans doute ce qu’a cherché la Cave Po’ la saison dernière, malgré ces 202 jours de fermeture, à travers toutes les propositions qu’elle n’a eu de cesse d’inventer, dans la rue, les vitrines de librairie, de restaurants, de cinéma et autre magasin de musique…
De la joie contre cette tristesse imposée par le pouvoir.
Un virus certes mais des choix politiques qui ne laissent pas d’interroger.
De la joie donc, contre, comme un cri libérateur, une puissance de vie.
La vraie cité propose aux citoyens l’amour de la liberté plutôt que l’espoir des récompenses ou même la sécurité des biens ; car « c’est aux esclaves, non aux hommes libres, qu’on donne des récompenses pour leur bonne conduite ». Spinoza n’est pas de ceux qui pensent qu’une passion triste ait quelque chose de bon. Avant Nietzsche, il dénonce toutes les falsifications de la vie, toutes les valeurs au nom desquelles nous déprécions la vie : nous ne vivons pas, nous ne menons qu’un semblant de vie, nous ne songeons qu’à éviter de mourir, et toute notre vie est un culte de la mort.
C’est le philosophe Gilles Deleuze qui écrit ça à propos de Spinoza…
Vous pouvez retrouver sur internet* les enregistrements de ses cours sur le Prince des philosophes, à la fac de Vincennes dans les années 80… limpide et libérateur.
Alors de la joie, merci au photographe Thibault Lévêque pour cette photo libératrice.
De la joie pour construire cette saison nouvelle, des spectacles qui donnent à penser, à rire, à s’émouvoir, qui donnent surtout la force de continuer.
Jeu – joie – jouir… étymologie commune à n’en pas douter.
Bienvenue au théâtre, dans les théâtres et à la Cave Po’, ici et maintenant.


*webdeleuze.com