Chez René / Bazar littéraire n°6

Bazar littéraire, poèmes au détail, spectacles en vrac, lectures en stock

Les éditrices et éditeurs indépendant·es de la Région vous donnent rendez-vous à la Cave Po’ pour la 6e édition de ce bazar littéraire complètement foutraque.

Lectures, concerts, performances, ateliers, crêpes, et surtout livres : des livres à foison, faits main, à peu d’exemplaires, par de petits éditeurs, ou savamment imprimés par des éditeurs plus reconnus…

 Retrouvez les dernières publications d’Anacharsis, Ici-bas, Les Fondeurs de briques, Le Grand os, N&B, Un thé chez les fous, et bien d’autres encore… Mais aussi des auteur·es d’ici et d’ailleurs…

L’équipe de La Volte sera aussi présente pour un atelier d’arpentage pas comme les autres : ils vous proposeront d’arpenter le livre d’un éditeur ou d’une éditrice invitée.



Au programme cette année

Ateliers d’arpentage et de reliure japonaise ; temps fort sur les revues avec Papier Machine (Bruxelles) et La Coudée (Toulouse) ; carte blanche aux auteur·es avec Claire Rengade & Antonin Crenn ; voyage sur la route de la contre-culture américaine en musique avec Les Fondeurs de briques et les éditions Ici-bas.



La liste des éditrices & éditeurs invité·es

Abordo / Anacharsis / Bibliothèque Anarcha-féministe / Blast / Chèvre feuille étoilé / Collectif Pou / Domens / Éditions du geste / Éditions des timides / Éditions JOU / Espaces 34 / F de phosphène / Hors-limite / Ici-bas (ex CMDE) / Jef Klak / La Coudée / La Perche carrée / L’Étoile des limites / Le Grand os / Le Vaisseau improbable / Les Beaux désordres / Les Fondeurs de briques / Les Venterniers / N&B / N’A QU’1 OEIL / Papier machine / Plein chant / Prix Écrire la ville / Réciproques / Rose virgule / Smolny / Un thé chez les fous / Yovana



Vendredi

19 / Hors-les-murs à la librairie le Chameau Sauvage, 43 avenue des Etats-Unis, Métro Ligne B arrêt Barrière de Paris

Les Chants du placard / éditions Blast

> Lecture croisée par Karima & Solène

Ce corps-là vous dégoûte ? Ce corps-là, littéralement, vous emmerde. […] Ce qu’ils ont nommé beauté est affaire de loi. Il est des beautés légales et donc, d’autres, illégales, interdites. Bien sûr, la loi peut changer, on verra le canon d’hier condamné à la fraude. Mais toujours la loi sépare. Elle sépare le légitime du honteux, le public de la contrebande, l’évidence du caché.

Trois temps racontent les recoins du placard, celui dans lequel on enferme les trans, les queers, les anormales. Ils sont écrits par la haine, la violence, la pauvreté, mais à cela y répondent l’impitoyable poésie du corps, le lien organique et sensible au sol, la mémoire locale et rurale, le rire et la rage de se tenir debout. Car Luz Volckmann le rappelle : « le Placard nous réduit. Or, j’ai l’orgueil du peuple des géants. »



Samedi

/ Passages en revues /

14 h

Carte blanche à la revue Papier Machine (Bruxelles)

Pour son numéro 10, la revue Papier Machine a donné les pleins pouvoirs au mot « loupe ». L’équipe propose des extraits en voix, en sons et en lumières.

Au menu : des monstres feuillus, de l’amour en altitude et en chaussettes, de l’infra-ordinaire, des lettres effacées, de la typographie éclairée, un intérieur surpeuplé, des pourparlers non-éducatifs, une brochettes de feignasses, un précis de philosophie saltoïste, des souvenirs d’Algérie, les débuts d’une recherche prometteuse, un trip musical, un traité du Nananère, du noir et blanc, des synonymes, de la poésie, du saucisson comme vous n’en avez jamais vu, et des champignons, des tas de champignons.



15 h 30

Carte blanche à la revue La Coudée (Toulouse)

Deux ans à peu près que nous passons de longues et longues soirées à choisir textes, poèmes, dessins, bouts de rien et de choses qui composeront les prochains numéros de notre revue littéraire illustrée, La Coudée. C’est comme ça que ça fonctionne parce que dans le fond ce n’est pour nous que ça, pouvoir sentir, dire, et pouvoir le raconter. Mais là, aujourd’hui, nous ramenons les ami·es potes musicien·nes et nous lirons, chanterons, réciterons les mots émus au creux des circonstances. En attendant, on se met au boulot ! À très vite.

La Coudée


17 h

Tristan / éditions Anacharsis

> Lecture-concert par Nathalie Vinot (lecture, chant), Nicolas Chevalier-Sarris (piano) & Xavier Collet (machines)

Qui, de Tristan ou Lancelot, sera proclamé meilleur chevalier du monde ?

Tous deux se livrent, dans ce deuxième tome de Tristan, à une étrange passe d’armes qui se joue par réputation interposée. Le long des routes périlleuses qui les conduisent à la Table Ronde, entre batailles dans les forêts profondes, titanesques tournois et joutes galantes, ils seront emportés dans le tourbillon insatiable de l’ignominie et de la grandeur, dont personne, hélas, n’est jamais exempt.

Risquer son honneur, déchoir et se relever, c’est l’essence de l’aventure.

En voici l’expression première, pure comme une aube nouvelle.


19 h

Dictée poétique et édition participative

> La Tête dans les nuages d’Éric Arlix

Participer à l’édition d’un livre ? C’est la grande nouveauté et singularité de cette année. Venez prendre part à la dictée poétique d’un texte d’Éric Arlix, auteur en résidence à la Cave Po’ en 2019 et 2020, qui n’a jamais été édité…

Grâce à vous, il le sera ! Car le lendemain, à 11 h, on construit ce bouquin unique en série avec Lucas Leglaye et son atelier de reliure. Des extraits de La Tête dans les nuages ont fait oeuvre d’utilité publique et poétique dans les panneaux publicitaires de la ville de Toulouse lors du mois de février 2020 pour La Poésie est dans la rue #5. Vous pourrez (re)découvrir ce texte et l’oeuvre polymorphe d’un écrivain, éditeur, artiste et chercheur de formes. Dyslexiques, dysorthographiques, fâché·es avec la grammaire, illustratrices et illustrateurs en herbe, bienvenue ! (Vous aurez les meilleures notes…)


21 h

The Poetess

> Projection du documentaire de Stefanie Brockhaus & Andreas Wolff (2017, VO STFR, 1 h 30)

Écrivaine autodidacte, Hissa Hilal a participé à l’émission télévisée Million’s Poet à Abu Dhabi. C’est la plus grande compétition de poésie du monde Arabe, monopolisée par les hommes. Hissa Hilal s’est démenée pour devenir la première femme à atteindre la finale.

Nous ne verrons jamais son visage. Comme la majorité des femmes saoudiennes, Hissa Hilal est couverte de la tête aux pieds. Elle n’est pas autorisée à conduire une voiture, elle ne détient pas son propre passeport et a besoin du consentement de son mari pour toutes ses activités. Dans ses poèmes elle critique la société patriarcale Arabe, elle attaque un des plus célèbres religieux saoudiens dont elle dénonce les fatwas extrémistes, et cela en direct à la télévision, devant soixante-quinze millions de personnes.

Sortant de nulle part, elle défraie la chronique du monde entier. Hissa Hillal est la voix derrière le voile : son arme est sa parole.



Dimanche

11 h

Atelier de création d’un livre

> Avec Lucas Leglaye

Liez, rassemblez les pages de la dictée poétique d’Éric Arlix et retrouvez Lucas pour apprendre la reliure japonaise et finaliser l’édition de votre livre fait main de A à Z !


/ Rencontres et discussions avec les auteur·es /

14 h

Carte blanche à Claire Rengade

> Et insubmersible dans la seconde qui suit / éditions Espaces 34

Un groupe arrive. Comment l’identifier ? Observer une personne qui s’en détache comme l’on peut prélever par biopsie une cellule d’un corps et la lire ? Regarder suffit-il ?

Puis ce sont d’autres personnes, différents volontaires, qui prennent la parole. Viennent-ils du groupe qui arrive ou de celui qui regarde ?

Sont-ils arrivants et/ou spectateurs ?

Chacun peut s’en approcher, apprendre des choses sur le groupe, entendre et voir. Est-ce un jeu ?

En cherchant à faire entrer numériquement des personnes qui arrivent sur l’eau et veulent passer une porte, une équipe technique est rattrapée par la réalité : une géographie humaine entêtée, imprévisible, joueuse, amoureuse, insubmersible : qui parle de notre contemporanéité dans la langue singulière, rythmée, poétique, chahutée de Claire Rengade.



15 h

Carte blanche à Antonin Crenn

Antonin Crenn est né en 1988.

Il vit à Paris. Dans ses textes, il est souvent question d’herbes folles et de souvenirs d’enfance.

Plus largement, il se passionne pour la forme des villes, les ponts de chemin de fer, l’amour, et toutes les choses qui mettent plus de mille ans à disparaître. Derniers livres parus : Les présents, où l’on part sur les traces d’un fantôme de marin (l’ancêtre disparu) ; La Lande d’Airou, où l’on prend les chemins de traverse du fantasme (les beaux garçons).

En résidence la saison dernière à Montauban, pour le festival Lettres d’Automne, le voici à Toulouse, Chez René, pour une lecture… à découvrir sans tarder.


/ Sur la route de la contre-culture américaine /

16 h

Pour le plaisir de faire la révolution / Les Fondeurs de briques

> Lecture par Gilles Fossier

Août 1968. Le Parti démocrate se réunit à Chicago pour désigner son candidat contre Nixon à l’élection présidentielle de novembre. Tout ce que les États-Unis comptent de contestataires s’y retrouvent pour manifester. La répression policière y sera féroce. Gilles Fossier nous raconte cette époque à travers la lecture de deux livres publiés aux Fondeurs de briques écrits par des témoins des événements : Richard Goldstein, Rock & Révolution, et Jonah Raskin, Pour le plaisir de faire la révolution, biographie d’Abbie Hoffman, meneur des Yippies. Il y mêlera des textes d’Allen Ginsberg et de Jean Genet, tous deux présents à Chicago.



17 h

L’Amérique en procès. Leonard Weinglass, un avocat contre la justice d’État / éditions Ici-bas

> Lecture-concert par Fabien-Gaston Rimbaud (guitare, voix) & Arthur Daygue (guitare)

Après une mise en voix et en image de Quartiers en guerre de Seth Tobocman pour la quatrième édition de Chez René, retour de Fabien-Gaston Rimbaud et Arthur Daygue pour vous faire découvrir le dernier opus du même Tobocman, par les éditions Ici-bas, ex CMDE. Avec L’Amérique en procès, voici une histoire politique implacable des États-Unis vue depuis le banc des accusés qui instruit le procès de la justice d’État. Durant plus d’un demi-siècle, l’avocat américain Leonard Weinglass fut de tous les combats. Adepte d’une transformation radicale du monde, il prit le parti des militant·es progressistes. Dans L’Amérique en procès, au plus fort du journalisme en bande dessinée, Tobocman livre un récit des affaires les plus emblématiques défendues par cet homme hors du commun.

À l’heure où des mouvements sociaux affrontent encore un État aveugle, funeste et oublieux des droits humains, ce livre fera oeuvre d’éducation à la justice sociale.


Voir les éditions précédentes :